Nous avons découvert avec incrédulité les derniers films internationaux du Crédit Agricole.
Dans une mise en scène très spectaculaire et d’ailleurs magnifiquement bien réalisée, nous découvrons un monde en pleine destruction (tous les poncifs y passent : les glaciers qui fondent, les pétroliers qui brûlent, les norias de camions qui roulent, etc… le syndrome du Titanic n’est pas loin). Puis tout d’un coup, par le miracle de la parole et du green banking, le monde se remet en place dans une vision idyllique particulièrement naïve, grâce à qui ? Au Crédit Agricole, qui annonce par la voix de Sean Connery : « Back to common sense, it is time for green banking ».
Deux déclinaisons suivent :
- l’une sur le « private banking », vous savez, la gestion des grosses fortunes, et nous voyons le banquier et son client, sur la mer, vraisemblablement du côté de Singapour, signer sur….un énorme yacht …à moteur !
- l’autre, sur le « retail », montre des linéaires gigantesques et uniformes, qui par la grâce de la carte du Crédit Agricole, redeviennent des échoppes de nos marchands de quatre saisons ! Incroyable mais vrai.
Alors, qu’est-il arrivé au Crédit Agricole ?
La profession publicitaire a développé beaucoup d’énergie pendant et après le Grenelle de l’environnement, pour que l’utilisation de l’argument écologique ne soit pas détournée vers du « greenwashing ». Il est navrant de constater qu’une grande institution comme le Crédit Agricole ne respecte pas l’esprit des recommandations de l’ARPP.
Ces recommandations simples portent notamment sur la véracité des actions, la proportionnalité des messages, leur clarté, leur loyauté, et le vocabulaire utilisé : « Dans le cas où il serait impossible de justifier des formulations globales (ex. : écologique, vert, éthique, responsable, préserver, équitable, durable, …), la publicité doit les relativiser en utilisant des formulations telles que “contribue à” ».
Nous sommes donc loin du compte avec ce cher Sean !
Cette campagne va nous valoir, à nous les communicants qui nous battons depuis longtemps pour une régulation concertée de la publicité, des critiques sans fin, non seulement des ONG environnementales mais surtout des détracteurs du métier qui s’en donneront à cœur joie.
Le pire viendra surtout du grand public qui décode aujourd’hui tous les messages environnementaux avec beaucoup de lucidité.
Alors de grâce, Crédit Agricole :
« back to common sense, it is time for right advertising »
Pierre Siquier
Président de la Commission Société de l’AACC
You must be logged in to post a comment.

1 comment
Comments feed for this article
Trackback link: http://blog.aacc.fr/wp-trackback.php?p=311